Ambassadeurs

L’effet Benabar

Un nostalgique bien dans son temps

TEXTE : OLIVIER BAUER / PHOTOS : GILLES LEIMDORFER

Après avoir sorti un nouvel album au printemps, Bénabar repart en tournée. Entre deux concerts, l’ambassadeur Mercedes-Benz nous a donné rendez-vous pour évoquer ses chansons et ses inspirations.

De la réalisation à la chanson

Rendez-vous a été donné au Mama Shelter, repère discret des célébrités de l’Est parisien. Assis dans un salon de l’hôtel, on l’interroge : doit-on l’appeler Bruno ou Bénabar ? Il répond par son prénom : « Bruno ». Plus jeune, Bruno ne se destinait pas à l’écriture de chansons, mais à celle de films. Bénabar rêvait de devenir Claude Sautet. Entre 1991 et 1994, il réalise 3 courts-métrages dont José Jeannette primé au prestigieux Festival de Cognac. « J’ai réalisé ensuite un moyen-métrage, mais je me suis rendu compte que je n’avais pas les épaules pour être réalisateur. » Parallèlement, il commence à jouer de la musique, « un outil plus efficace et plus simple parce que, pour chanter, vous avez seulement besoin d’un piano ou d’une guitare et le bar du coin n’est jamais vraiment loin. » Et de préciser, « Avant, j’avais besoin d’action immédiate, ce que le cinéma ne pouvait pas m’apporter. »

De Barnabé à Bénabar

Avec un copain, il forme alors un duo du nom de Patchol et Barnabé. Patchol parle verlan : Barnabé devient Bénabar. Les chansonniers écument les bistrots et les clubs. « C’était un duo de chansons françaises à l’ancienne, inspiré des années cinquante, mais qui aurait écouté la Mano Negra et Police, un genre de chansonniers alternatifs ! » Après quelques années, le duo se sépare mais Bruno reste Bénabar. Il enregistre ses premiers albums. À la radio, Henri Salvador entend la chanson Bon anniversaire tiré du deuxième opus de l’artiste. Coup de fil : Bénabar délaisse les bars pour faire la première partie de la tournée triomphale de l’auteur de Chambre avec vue. « La chance que j’ai eue, c’est qu’avant de faire sa première partie, j’avais déjà fait 500 concerts. J’étais un inconnu qui avait déjà du métier, s’amuse-t-il. Mais jouer dans ces grandes salles juste avant Henri Salvador a été un formidable accélérateur de carrière… »

Un chroniqueur du quotidien

Hors des mouvements de mode, Bénabar a toujours eu l’ambition de devenir un artiste populaire de variété. À contre-courant de ceux qui écrivent des chansons introspectives, mettant en avant leurs états d’âme et leurs malaises, lui cherche à chroniquer le quotidien des autres. « J’observe les anonymes, ceux que l’on croise au coin d’une rue ou dans un grand magasin. » Ses albums ressemblent à un journal intime qui ne serait pas le sien, mais celui de son public. Il plaque deux-trois accords sur la mécanique des sentiments. Ainsi, ses chansons évoquent notre quotidien entre autodérision et pessimisme contrarié. Ses textes à lui racontent les années 2000. Ils sont même aujourd’hui publiés en recueil sous le titre Travaux publics (éd. Thierry Magnier). Il n’en retire pourtant aucune fierté et dit vouloir continuer à imaginer des chansons légères, rigolotes, voire de mauvais goût, « c’est important pour moi, il ne faut pas être snob… » Paru au printemps 2018, son dernier opus, Le début de la suite, a été composé avec Mark Daumail, du groupe Cocoon, avec un son plus folk et une pointe d’électro. Bénabar y a rassemblé 12 chansons qui parlent du présent et d’avenir avec la volonté, cette fois-ci, d’être plus optimiste.

Vers une autre voie ?

En près de vingt ans de carrière, on l’a comparé à Renaud, Alain Souchon, Michel Delpech, Jacques Brel ou Michel Sardou… Plus qu’un grand écart, un fossé. Bénabar a vendu plus de 3 millions d’albums et glané 3 Victoires de la musique. Il connaît le succès, mais aussi les incertitudes d’un métier fragilisé par le numérique. « L’indépendance est un trait de caractère très fort chez moi. J’ai bien sûr des contraintes comme tout le monde mais j’ai toujours fait des choix pour ne pas rentrer dans les cases… » Ces dernières années, l’artiste a réalisé deux bandes originales de film et s’est essayé au théâtre. Une autre forme de scène « où le corps devient comme la voix, un outil ». En 2009, il avait étonné dans le rôle d’une vedette de variété ayant fait fortune en volant les chansons d’un autre dans le film Incognito d’Éric Lavaine (plus d’un million d’entrées). En 2018, il a tourné dans deux longs-métrages dont un, Beaux-parents qu’il a coécrit avec le réalisateur Héctor Cabello Reyes. Finalement, le chanteur est (re)venu au cinéma.

Le GLC comme point de rencontre musical

Aujourd’hui, Bénabar roule en Mercedes GLC 350d. Mais s’il tourne sans fin à travers la France, il n’est pourtant pas un grand voyageur. « Je n’aime pas les grandes distances, je suis assez stressé en voiture. D’ailleurs, sur mon dernier album, j’ai fait une chanson qui s’appelle Chauffard, l’histoire d’un type qui fait une queue de poisson…» Son choix du GLC 350d est celui d’un « père de famille ».
« C’est d’abord une voiture rassurante et confortable, une voiture classe mais discrète dans laquelle on peut rouler 800 kilomètres sans s’en rendre compte. » Quand on lui demande la B.O. de ses voyages en Mercedes, il avoue que c’est un sujet de friction avec ses enfants – et en particulier son fils de 14 ans. « C’est une lutte permanente que je perds… Ça va de Jain au rap, mais j’essaie de leur faire écouter un peu de classique et de chansons françaises : Brassens, Renaud ou Brel. » Son GLC comme point de rencontre musical. On a simplement oublié de lui demander s’il y chantait aussi…

Bénabar

« C’est d’abord une voiture rassurante et confortable, une voiture classe mais discrète dans laquelle on peut rouler 800 kilomètres sans s’en rendre compte »

Mama Shelter Paris, un refuge à part

Bien plus qu’un endroit où manger et dormir, le Mama Shelter Paris est un refuge chaleureux et bienveillant. C’est une expérience faite de rencontres inédites et de partage. Un lieu qui pense à tout mais surtout à vous !

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