Ambassadeurs

L’électron libre

Partenaire privilégié d’Alexander Popov

TEXTE : HENDRIK LAKEBERG // PHOTOS : DAVID FISCHER, MAIN IN MAIN PRODUCTION

Alexander Popov fait partie des plus grands nageurs de tous les temps. Comment s’est-il réinventé après une carrière jalonnée de records ?

Alexander Vladimirovich Popov a grandi à Iekaterinbourg, une ville industrielle dans l’Oural. Enfant, il doit d’abord surmonter sa peur de l’eau avant de développer l’ambition nécessaire pour participer, en 1992, aux Jeux Olympiques de Barcelone. C’est là qu’il remporte, à l’âge de 20 ans, la première des quatre médailles d’or de sa carrière. Il a été sacré six fois champion du monde et 21 fois champion d’Europe, ce qui fait de lui un des plus grands nageurs russes de l’histoire. En 2004, à la fin des Jeux Olympiques d’Athènes, soit après plus de dix ans au sommet de sa discipline, il se rend compte en rentrant chez lui qu’il en a assez… Et pas seulement parce que, cette fois, il n’a pas rapporté de médaille : « C’était comme si j’avais lu un livre jusqu’à la fin », confie-t-il. « On tourne la dernière page, on le ferme, on le met dans la bibliothèque et on ne l’ouvre plus jamais, parce qu’on le connaît par cœur. »

Reconversion en toute fluidité

Tout de suite après les Jeux Olympiques, il est invité par un ami sur les îles Fidji. Un lieu idyllique dans le Pacifique Sud. Ces vacances avec son épouse et quelques amis lui donnent de la motivation et lui font prendre conscience que la vie après le sport sera agréable. Une attitude qui correspond parfaitement à la personnalité de l’ancien nageur et qui explique pourquoi il a réussi à changer de vie avec autant de fluidité. En fait, le nageur a su analyser ses émotions de manière logique.

Dès 2005, le champion commence à assumer des fonctions auprès du Comité Olympique russe ; il fonde l’Alexander Popov Cup pour entraîner enfants et jeunes aux Jeux Olympiques ; surtout, il commence à étudier. Il suit des études en sciences économiques et obtient un MBA banque et finances. En 2009, il est nommé au conseil d’administration d’Adidas. Un poste qu’il occupera jusqu’en 2014, date à laquelle il crée sa propre entreprise, qui développe et gère des complexes sportifs dans le monde entier. Le siège social se trouve dans la ville natale du champion, Lekaterinbourg. Mais c’est depuis Moscou qu’il gère ses affaires, car c’est là que se trouvent le pouvoir économique et politique du pays.

Une liberté nouvelle

Pour l’ancien nageur, la liberté trouvée dans sa nouvelle vie, après le sport, est encore plus importante que les succès professionnels. « J’organise moi-même mes journées », se réjouit-il. Un sentiment d’indépendance que lui procure aussi sa Classe V. Ses enfants, tout comme lui, adorent ce van pour sa polyvalence et la liberté qu’il permet. Partir spontanément en voyage est plus facile avec ce modèle qu’avec n’importe quel autre. Il y a quelques années, avec son épouse et ses enfants, il a fait un tour d’Europe en Classe V. Ils ont traversé la Bulgarie, la Croatie et l’Italie, puis sont passés par la Suisse pour retourner en Russie via l’Autriche, l’Allemagne et la Pologne. « La liberté de se rendre où l’on veut, de manger ce que l’on veut, de dormir où l’on veut a été source d’inspiration… »

Les voitures de sport, qui ne sont pas rares dans les rues de Moscou, n’intéressent pas Alexander Popov. « Ici, en centre-ville, elles n’ont pas vraiment de sens, on ne peut pas exploiter leur puissance. » Pour lui, la puissance réside dans le calme. « Dans la vie, c’est comme dans la rue : si on est trop impatient, on se heurte sans arrêt à des feux rouges ! » Nager en harmonie avec les éléments, maîtriser le quotidien en harmonie avec le monde : on pourrait appeler cela le principe de Popov ! Un principe qui lui a offert une deuxième vie. Et il ne s’agit probablement pas du dernier tournant…